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Une colonie au Brésil

Une colonie au Brésil
Marie Van Langendonck - récit historique 2009
Préface de Serge Noël

ISBN : 978-2-930438-41-2
144 pages - 14 EUR
Format : 12x20 cm

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C’est en 2005, à la Foire du Livre de Porto Alegre (sud du Brésil), ville célèbre pour son forum social mondial, que je tombe sur un petit livre publié en portugais par « Editoras Mulheres » en 2004 et intitulé « Uma colônia no Brasil » de Marie Van Langendonck. À sa lecture, je découvre que cette Anversoise avait quitté sa patrie par bateau en 1857 pour se rendre là où j’étais au moment précis : Porto Alegre. Intrigué par ce récit qu’elle présente comme historique. Je n’avais jamais entendu parler de création de colonies belges au Brésil. Dans la version brésilienne de ses récits, Marie Van Langendonck y est présentée comme une femme cultivée et ayant un regard aiguisé sur les populations brésiliennes de l’époque et on y salue surtout la femme héroïque qui a donc eu le courage à près de 60 ans de faire ce voyage épique vers une région inconnue.
En 1798, naquit à Anvers, Marie Barbe Antoinette Rutgeerts. À 29 ans, elle se marie avec Jean Remi Félicien Philippe Van Langendonck, officier du Régiment des Guides et directeur de l’hôpital militaire de Charleroi. Elle est veuve et ses enfants sont déjà au Brésil lorsqu’elle décide de les rejoindre en 1857. En 1859, elle quitte Porto Alegre et retourne en Belgique dans l’espoir de convaincre les autorités belges d’investir dans cette région du monde. Elle écrit son récit et le publie en 1862 à Anvers où il fut imprimé par L. Gerrits, rue de l’Empereur n°60. Il faut dire qu’elle avait déjà publié et que Marie Van Langendonck est citée dans un essai de Gustave Charlier sur « Le mouvement romantique en Belgique (1815-1850) » où apparaît un de ses textes. La version originale de son livre « Une colonie au Brésil » est consultable à la Bibliothèque royale de Belgique. C’est ce texte, écrit en français, que nous publions. En 1863, Marie Van Langendonck retourne au Brésil à Arroio Grande où elle mourra le 6 juin 1875 à l’âge de 77 ans.

Et voilà, qu’en effectuant des recherches sur cette colonie à Porto Alegre, je découvre qu’une autre colonie, entièrement belge celle-là, avait existé à plus de 500 kilomètres plus au nord, dans l’actuelle province de Santa Caterina, à l’initiative de l’ingénieur Charles Van Lede (né le 20 mai 1801 à Bruges et décédé à Bruxelles le 19 juillet 1875 — il fut enterré dans le cimetière de la cathédrale de Sainte-Gudule). Il est fort probable que l’ingénieur belge débuta les constructions de la colonie dès 1844 à l’emplacement de l’actuelle Ilhota (ville de plus de dix mille habitants). L’histoire officielle de la région raconte que près de cent cinquante familles seraient venues de Belgique.

 

Précédé de La petite dame charmante de Serge Noël

Extrait

La petite dame charmante, pétillante et pleine de curiosité pour les choses inconnues d’un monde non blanc, la petite dame intrépide et sereinement casse-cou qui, tout en partant à l’assaut des forêts immenses pleines de serpents venimeux, n’oublie pas un instant la façon adéquate de tenir une tasse de thé quand on est en bonne compagnie, la petite dame belge qui a pris l’heureuse initiative d’écrire ses souvenirs d’aventurière du dimanche dans une langue qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, avec ses tournures gracieuses et ses mots brillants comme des petits ciseaux d’argent, la petite dame que vous allez lire, est en réalité un bon petit soldat. Le petit soldat tout frais, naïf, presque niais qui combat dans l’armée perpétuelle qu’utilise l’Occident riche dans sa guerre féroce et barbare contre le reste du monde. Ou plutôt les riches d’Occident. Mais il est vrai que depuis le triomphe de la mondialisation, les riches ne sont plus nécessairement d’Occident et que leur guerre est aujourd’hui déclarée contre tout ce qui est humain, sans distinction raciale, géographique, culturelle ou quelque autre de ces désuètes catégorisations naguère usitées pour structurer les guerres. C’est probablement la seule chose remarquable qui ait changé entre l’époque où ce petit soldat partait sans le savoir en campagne et celle où nous vivons.

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