Elle ne savait que dire. Il y avait bien le traditionnel "Ce n'est pas grave, ça va aller », mais assurément, cette phrase aurait dénoté avec l’annonce d’un cancer du poumon. Sans surévaluer sa place dans ce bas monde, Victor estimait tout de même que c’était « grave ».
Née en 1968, Aline Kriek, est médecin oncologue à Bruxelles (Belgique). Apprenant en mars 2007 qu’elle est atteinte d’un cancer du poumon, elle se consacre à l’écriture et publie ce premier roman, inspiré d’une histoire vraie. Aline Kriek est morte le 21 juin 2008, alors que son roman est encore en lecture chez l’éditeur. "Un premier roman détonant, drôle, intelligent, caustique, et très cinéma. Rencontrer Victor et la complexité humaine est une chance que l'auteur nous offre. Il faut la saisir !" ALEXANDRE BLOQUET Un cancer, une supercherie Thierry Detienne - Carnets et les Instants - 156 - page 77 Victor a la vie un peu morose, son couple perd de l'altitude. Et le voilà qui annonce à son épouse qu'il a un cancer du poumon à petites cellules. Il a préparé ce moment par le menu comme on compose un tableau. Cette nouvelle bouscule leur vie et les précipite vers l'essentiel.Seulement voilà : Victor ne nous le dit pas tout de suite, mais il s'est inventé un destin et il se prend lui-même au jeu de la pitié : les regards se tournent vers lui, des égards inédits lui sont dus..... lisez l'article complet en cliquant ici. « Un cancer, mon amour » : le poids de l’apparence Le Soir - Le livre du jour - Vantroyen Jean-Claude Samedi 11 juillet 2009 Comme ce titre fait sérieux, empesé, lourd et grave. Alors que le roman d’Aline Kriek ne l’est pas du tout. Il est enlevé, plein d’ironie et de clins d’œil, d’humour même quelquefois malgré le sujet. Le cancer ? Oui, bien sûr, puisque Victor annonce à sa femme Mathilde que le crabe l’a chopé. Mais le roman n’y voit qu’un prétexte pour parler d’autre chose : l’apparence, le faux-semblant sinon même la supercherie. Car Victor surfe sur la maladie. Mathilde et lui se rapprochent. Il écrit un roman sur sa vie de mort en sursis. Il a du succès. Il est devenu quelqu’un d’autre. Et c’est bien ce regard différent que les autres portent sur lui, depuis qu’il est malade, qui intéresse Victor, et donc Aline Kriek. La nouvelle signée Victor Etienne qui accompagne le roman, donne d’ailleurs une clé : Franck, le géant nain, grandit ou rapetisse selon qu’il est adulé ou méprisé.
Ce roman est une réussite. Parce qu’il joue avec le cancer, Victor, sa famille, ses amis et ses lecteurs, c’est-à-dire nous. Les choses ne sont jamais aussi simples qu’on le croit. Les gens non plus. Ils sont prêts à tout pour épater. Voyez Victor.
Aline Kriek ? Le revers du livre annonce qu’elle est morte, à 41 ans, d’un cancer. Pathétique. « J’ai poussé la logique jusqu’au bout, avoue Olivier Bailly, l’écrivain de 35 ans qui a écrit ce roman sous le pseudo d’Aline Kriek. J’ai semé des indices pour qu’on comprenne que la supercherie est omniprésente. Victor écrit sur son cancer, Aline est morte d’un cancer. Je voulais que les lecteurs voient que le roman se poursuit jusqu’au quatrième de couverture. Là, je me suis trompé : ils n’y ont vu que du marketing. Ce n’était pas du tout mon intention. » Quoi qu’il en soit, ce roman sur la supercherie n’est pas du tout une supercherie. Il tranche dans le ronron de l’édition.
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